La Petite Fille à la Mine de Papier Mâché
 
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          Enurésie


Rue Chénier, je viens d’avoir cinq ans et je suis très anxieuse de me réveiller le matin dans des conditions qui mettent mon père dans une vive colère, car le plus souvent, « je fais pipi au lit » et çà, il ne le supporte pas ! C’est heureux qu’il travaille presque tous les jours et ne rentre pas le midi pour déjeuner, et, c’est heureux également que ma mère ne travaille pas actuellement, puisque cela me permet de trouver un accord avec elle. J’ai cette chance là ! Ma mère accepte de rincer mon drap à l’endroit souillé puis elle le tord énergiquement afin de le faire sécher sur la corde à linge dans la cuisine. Ce qu’elle fait pour moi n’est pas sans émoi pour elle et je comprends ses craintes; c’est dans son intérêt que mon drap soit sec avant ce soir, sinon, mon père étant de plus en plus nerveux et irritable, Maman se fera disputer et moi je serai battue. Pourquoi ce père, que j’aime et qui m’aime aussi, éprouve t-il le besoin de me frapper pour faire passer sa colère ? Est-ce si terrible de faire pipi au lit alors que je lui ai expliqué ne pas le faire exprès !? Je préfèrerais bien sûr, rester au sec dans un lit bien chaud !
Il est vrai, que depuis quelque temps, je reçois les mêmes corrections que mon frère. Notre père qui est coléreux et violent à la main leste et il tape fort. D’ailleurs il en a assez de s’énerver… vu qu’il en résulte pour lui de violents maux de tête. Donc, estimant qu’il faut y remédier, il est allé consulter notre doctoresse et il se retrouve, ainsi, hospitalisé pour trois semaines à l’hôpital Paul Brousse à Paris.
Nous, les petits, nous allons à l’école maternelle de la rue Saint Denis et, comme nous sommes les écoliers qui arrivons en pleine année scolaire, nous sommes mal vus par les autres petits élèves. C’est dans la cour de récréation qu’ils manifestent leur hostilité à notre égard, en nous plaquant contre un mûr pour nous donner des coups de pieds dans les jambes. Mon frère et moi essayons de ne pas pleurer en nous serrant très fort par la main. C’est pour ça que je n’aime pas les récréations, préférant de beaucoup les activités que les maîtresses nous font faire dans le préau. Papa dit que nous sommes deux écoliers en chambre, puisque nous préférons nos jeux à la maison plutôt que d’aller à l’école. Si nous nous entendons le plus souvent très bien pour notre « emploi du temps » il m’arrive de ne pas être d’accord avec Patric lorsqu’il veut trop me commander, alors je le bouscule et je lui crêpe le chignon. Mais je suis surtout taquine avec lui car il est doux et calme, ce qui n’est pas le cas de Papa qui, sorti de l’hôpital, n’est pas guéri, et ne supporte toujours pas mes pipis au lit…