La Petite Fille à la Mine de Papier Mâché
 
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          Frayeurs


Le Carnaval de Nice

Au retour de Condé sur Huisne, au mois d’octobre, je retourne à la petite école de la rue Saint Denis. Mon frère est revenu de Touraine avant moi; il n’a pas manqué sa rentrée des classes à la grande école. Mais, même chez les petits, il est important d’être là au début de l’année scolaire, c’est le seul moyen d’être accepté par les autres élèves, et de pouvoir se faire des camarades.
Nous passons la fin de l’année rue Chénier. C’est avec plaisir que nous nous laissons photographier avec le Père Noël, au grand magasin de la Samaritaine. J’adore le rayon des jouets, il y en a tellement ! Le Père Noël en a déposés partout ! Mon seul regret est qu’il nous reprenne celui avec lequel nous avons fait la photo.
Au mois de janvier 56, mon père qui n’a pas compris que d’être pâlotte est ma vraie nature, décide que je retourne à Gai Soleil, à Nice, pour les trois premiers mois de l’année. En février, pour nous, les grands du centre, c’est la fête ; nous assistons au carnaval. On se trouve placé « aux premières loges », juché en hauteur, sur un monticule de terre. Ainsi, les adultes pensent que nous ne perdrons rien de ce beau spectacle : le défilé de superbes chars sur lesquels sont installés des automates géants en carton pâte.
C’est avec plaisir que j’entends la musique se rapprocher de l’angle de la rue où nous nous trouvons. Serrés les uns contre les autres, je suis placé à l’avant. Soudain, apparaissent de gigantesques créatures au visage grotesque et effrayant, qui, ajoutées aux cris de la foule et aux confettis que je reçois de plein fouet, font naître en moi des inquiétudes qui prennent toutes leurs ampleurs, lorsqu’une de ces créatures se tourne vers nous pour nous présenter une physionomie caricaturale et menaçante. Ma réaction de petite fille très émotive est de reculer pour me protéger, mais je n’ai aucune liberté de mouvement, je suis coincée au premier rang, je ne peux que m’accroupir.
Je ne suis pas prête d’oublier le Carnaval de Nice !



Pierre et le loup

Heureusement que la Côte d’Azur est magnifique, cela compense ! Oui c’est vrai, je suis peureuse…et c’est dommage, ça je le reconnais... car j’ai eu une nouvelle frayeur lors de ce beau spectacle auquel nous avons assisté dans la grande salle des fêtes. Les lumineux costumes des personnages captivèrent mon attention. La musique était belle, mais lorsque le loup apparaissait elle devenait grave et sombre. Cet animal me semblait fantasmagorique.
Pendant toute la représentation, j’ai dû retenir mon envie d’aller faire pipi ; j’avais peur de croiser un loup dans les cabinets.
Oui d’accord, j’ai de l’imagination…