La Petite Fille à la Mine de Papier Mâché
 
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          Le baptême des Petits


La Samar…

Aujourd’hui, premier samedi d’avril, nous sommes allés tous les quatre à Paris. Nos parents nous ont portés dans les bras afin de se rendre à la Samaritaine y faire des achats pour Maman.
Que de monde dans ce grand magasin! Patric voulu monter seul l’escalier du demi-étage qui conduisait au rayon des manteaux. Papa le posa au sol et lui prit la main. Maman trouva exactement ce qu’elle cherchait : une veste chaude et élégante pour la cérémonie de notre baptême. Patric fut ravi de cette sortie.
Ce soir à la maison il chante « Pigalle ».



Léon

Maman est en effervescence depuis ces derniers jours car elle désire vraiment nous faire baptiser en Touraine, auprès de sa famille et de ses amis tourangeaux. Nos parents sont allés voir le curé de la paroisse de Notre Dame de Bon Secours à Bobigny, et, c’est très volontiers qu’il leur a donné son accord et qu’il en a informé le curé de Tours, afin d’obtenir son consentement. Toutes ces formalités étant faites, Papa, qui est athée, se réjouit de cette opportunité de réunion familiale. Il a prit deux semaines de congés pour parfaire notre séjour.
Nous arrivons à Tours le vendredi en fin d’après-midi. La tante Yvonne, sœur aînée de Maman, et sa fille surnommée « Pépette » accompagnée de son fiancé, sont venus nous chercher à la gare. Nous sommes bien entourés.
« Comment va mon petit Patou ? » s’informe tante Yvonne qui a donné ce surnom à Patric à sa naissance. D’ailleurs, lui, il fait le clown et il amuse tout le monde. Puis Tantine me prend dans ses bras :
« Et cette petite poupée, si éveillée après ce long trajet ?
- Petite poupée qui fait des grâces d’amabilités à tous ! » Renchéri Papa.
Nous nous rendons ensemble chez la grand-mère Pasquier, rue Merlusine. Elle est locataire d’un deux pièces au premier étage d’une grande maison divisée en appartements.
Elle est ravie de recevoir sa famille chez elle pour le baptême de ses petits enfants. D’ailleurs, elle dispose d’une grande salle à manger avec une table à rallonges. Tout cela va lui créer de l’animation car elle habite seule depuis que Léon, son mari, est en traitement lourd à l’hôpital de Tours. Il ne sera pas là pour la cérémonie.
Il a fait la « Grande Guerre » le grand père Pasquier. Soldat au quatre vingtième régiment d’infanterie, il en est revenu… Léon ! Plus tard, il a eu les honneurs : décoré de la Médaille Militaire et encore plus tard… fait Chevalier de la Légion d’Honneur.
Yvonne étant une enfant d’avant guerre, les grands parents ont eu, après 1918, trois autres filles : Jacqueline, Marcelle (décédée) et Christiane, ma mère. Puis un garçon, Gérard, qui en plus d’être mon oncle va également être mon parrain, (non, non, il n’est pas styliste)
.
Il était cordonnier, Léon. Aujourd’hui à 65 ans, il est un grand invalide.


Jules et Jeanne

Le lendemain de notre arrivée, nous allons rendre visite à Jules et à Jeanne dite « Jeannette ». Ils sont fermiers à Toizay dans la commune de Courçay à une vingtaine de kilomètres de Tours. Ce sont de grands amis de ma mère et de ma grand-mère et ils seront, dans quelques jours, le parrain et la marraine de Patric. Ils ont trois enfants : Marc l’aîné, Ginette la cadette et Nicole la petite dernière, une fillette d’une douzaine d’années, qui elle, va devenir ma marraine.
Quand nous arrivons à la ferme, Jeannette est en pleine activité. Elle plume une poule de sa basse-cour, pour préparer une de ses bonnes recettes, afin de mieux nous recevoir.
Nous sommes attendus !
Jules revient du village. Il s’est rendu avec Nicole à Courçay dans la charrette tirée par le cheval « Pierrot », accompagnés de leurs deux chiens.
Jules et Jeannette sont ravis de notre venue et c’est toujours aussi chaleureusement qu’ils reçoivent mes parents.
Nicole est une enfant sensible et douce et, c’est sans crainte que Maman la laisse me prendre dans ses bras quelques instants pour que nous fassions connaissance toutes les deux. Je lui adresse bon nombre de sourires et je lui gazouille quelques « syllabes » en signe de sympathie; elle comprend immédiatement que je suis ravie de devenir sa filleule.



Notre Dame La Riche

Ici à Tours en ce dimanche 16 avril 1950, il fait un temps superbe. Quel plaisir d’avoir déjà le soleil en ce tout début de matinée. Toute la famille est réunie chez la grand-mère Pasquier. Pat et moi nous sommes les heureux bénéficiaires de mille attentions venant de tous ces adultes, car c’est aujourd’hui la cérémonie de notre baptême !
Tante Yvonne, qui est une femme dynamique, se rend à la gare de Tours accueillir les amis de Toizay.

A l’église, Papa a pris de nombreuses photos pendant que le prêtre nous ondoyait au son des cloches. Le soleil étant toujours de la partie à la sortie de l’église, nous allons au jardin zoologique faire une promenade.
Maman est radieuse ! Elle souhaitait vraiment que ses deux poussins soient baptisés à Notre Dame La Riche, comme elle l’avait été elle-même et où elle avait également fait sa première communion.

A table, chez mémère, tous les hôtes sont très joyeux, même Patric ! Heureusement d’ailleurs que Pat est ravi de faire comme les grands… c'est-à-dire de rester à peu près assis à cette table à vouloir goûter de tout, (car il aime manger ce que son père mange); oui heureusement… car autrement les convives seraient treize à table !
Moi, je rappelle à ma mère, par de nombreux babillements, qu’elle n’oublie surtout pas de me donner la tétée au sein. Tétée que j’apprécie particulièrement, car Maman n’ayant presque plus de lait, mes repas doivent être complétés par des biberons.

Après ce bon gueuleton, tout ce petit monde va se dégriser en ballade avant de raccompagner nos chers amis à la gare. Ils ne peuvent rester dîner…
Dans leur ferme à Toizay, les animaux n’attendent pas. Jules et Jeanne doivent rentrer soigner leurs bêtes.

« Ce fut vraiment une charmante réunion familiale et une belle journée ensoleillée ! » s’exclame mon père.