La Petite Fille à la Mine de Papier Mâché
 
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          Le grand jour pour les uns
                  Le jour J pour les autres


Pour le mariage, mon père m’a acheté (avec l’argent de mon labeur) un superbe tailleur ; le haut de ma robe est de teinte blanche au niveau du buste pour adopter ensuite un beau vert nuancé. La veste, au petit col arrondi, donne un ensemble ton sur ton très chic.
Monique est en pleine forme, malgré qu’elle ait travaillé jusqu’au dernier jour, avant son congé de maternité, dans un métier aux lourdes tâches. Patric va au devant de notre mère qui vient d’arriver. Oui, elle devait être là pour les formalités (la majorité est à vingt et un ans et elle n’a pas été destituée de ses droits de mère). Ça se voit, elle en gros sur le cœur. Elle aurait sûrement souhaité passer la journée entière avec nous, mais elle doit rejoindre sa petite famille… qui va s’agrandir. Elle est enceinte de son quatrième enfant… heu… non… avec Pat et moi, ça fait six !
Tout le monde est là. Je suis troublée… par un nouveau venu, qui, lui…l’est aussi. Daniel fait les présentations :
« Régine, je te présente mon frangin, Jean-Louis, ton cavalier. Vous êtes du même âge. »
Je suis bien heureuse de voir que mon cavalier ne ressemble pas à son frère. De taille moyenne et mince, brun aux yeux couleur noisette, il a un beau profil. Je perçois dans son regard et avec le sourire qu’il manifeste, un certain plaisir sur ce qu’il ressent à mon égard.
Maintenant que tout le monde connaît tout le monde et que la pauvre Maman est partie, c’est l’heure de passer à table.
Je suis assise à côté de Jean-Louis. Au cours du repas, nous arrivons à nous détendre d’autant mieux que l’apéritif et le vin nous y aide bien. Au dessert, mon cavalier, totalement détendu, me dépose un baiser voluptueux sur la joue :
« Oh ! Les amoureux ; s’écrit Monique »
C’est après le repas, où chacun a eu sa petite anecdote à nous faire partager, que le paternel propose à Daniel :
« Dis donc, toi et Rolande vous pourriez peut être emmener les deux jeunes au cinéma ? »
Une fois de plus, je suis stupéfaite de cette proposition agréable mais imprévisible. Et puis, ces deux là acceptent.
Dans la salle de cinéma, Jean-Louis et moi décidons de nous placer trois rangées derrière eux, afin de faire plus ample connaissance et d’être plus tranquilles.
A la fin de la séance, nous n’avons qu’une vague idée du film que nous venons de voir. La passion charnelle qui vient de naître en nous, j’en suis convaincue, n’est pas prête de s’éteindre.
En me raccompagnant rue Chénier, Jean-Louis monte avec moi les trois étages, jusqu’à ma porte, pour rester ensemble plus longtemps. Juste avant son départ, nous échangeons des baisers passionnés avec la promesse de nous revoir.

Tout de même, avec mon anxiété naturelle, je demande à mon père :
« Te semble t-il Papa, que sa promesse ne soit pas dite en l’air ?
- C’est toi seule qui peux le savoir. L’as-tu ressentie quand il t’a serrée dans ses bras ?
- Hum…et bien…ma foi, oui, je l’ai ressentie ! »