La Petite Fille à la Mine de Papier Mâché
 
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          Les Quatre Filles du Docteur March


Rien ne va plus ! J’ai une angine blanche avec une fièvre carabinée qui m’empêche d’ouvrir la bouche et me fait souffrir chaque fois que j’avale ma salive. Je peux à peine bouger la tête. C’est pour ces motifs que je me retrouve dans un lit d’hôpital. Le médecin m’a prescrit un traitement d’antibiotique en piqûres. Je ne suis pas dans une grande salle mais, heureusement pour moi, dans un service composé de box à deux lits, dont le deuxième est inoccupé ; ce qui m’évite les moqueries des autres, puisque les infirmières sont obligées d’être trois pour me tenir afin de réussir à me faire la piqûre. Oui ! Chaque fois je panique de voir cette aiguille et ce produit dans la seringue que l’on m'injecte et qui est très douloureux. Comble de malchance, aujourd’hui 28 janvier, c’est mon anniversaire, j’ai treize ans ! Je pense que ma sortie n’est pas pour demain et je suis triste à pleurer. D’ailleurs je pleure, à grosses larmes, seule dans mon box. Tiens, qui vient me déranger ? Ah, c’est le médecin, celui qui a décidé de me donner les piqûres :
« Bonjour petite fille, pourquoi tu pleures ? Comment tu t’appelles ? »
Il en a des questions ! Enfin… en sanglotant, je lui dis mon prénom et je lui explique tout.
« Ecoute Régine, si tu me promets d’arrêter ces larmes, je m’absente et je reviens très vite te dire quelque chose qui va te faire plaisir ! »
Que d’attention il a pour moi. Je lui souris en essuyant mes larmes et en acquiesçant d’un signe de tête. Je suppose qu’il va me remplacer les piqûres par des comprimés. Je l’attends avec impatience. Le revoilà ! Il n’a pas été très long :
« Joyeux anniversaire ! S’exclame t-il. »
Ce gentil docteur revient « tout simplement » pour m’offrir un cadeau joliment enveloppé, que j’ouvre avec délicatesse. C’est un livre de la Bibliothèque Verte. Le titre me surprend « Les Quatre Filles du Docteur March » livre qui m’est offert par un docteur. Il m’annonce, en plus que, comme je n’ai plus de fièvre, je n’aurai plus de piqûres mais des comprimés. Je suis aux anges. Ça se prolonge le lendemain matin, quand il vient me chercher pour participer avec lui et l’infirmière à la distribution des médicaments aux petits malades. Je dois sûrement dégager une certaine fierté de ce moment magique car, en regagnant mon box, une fille m’interpelle désagréablement :
« Tu sais, je voulais te dire, tu as des gros yeux et ils ressortent.
- Je n’ai pas de gros yeux, mais des grands yeux, et toi, tu es jalouse! »
Avant ma sortie mon père essaie de trouver mon bon docteur pour lui
faire dédicacer mon livre, en vain, il n’est pas là.
Il aurait dû plutôt m’adopter.