La Petite Fille à la Mine de Papier Mâché
 
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          Sadisme mental


Moi qui fais une allergie à la vente alimentaire, j’ai une idée que je propose à mon père :
« Papa, je me suis arrêtée devant une boutique de fleuriste. Toutes sortes de fleurs et de plantes en pot étaient exposées à l’extérieur. J’y suis restée un moment en m’imaginant faisant des bouquets. Je crois qu’une profession en contact avec la nature me conviendrait…et puis, il ne doit pas y avoir une cadence accélérée à la caisse.
-Mais tu ne te rends pas compte du travail que ça représente ! Tu te vois l’hiver, les mains gelées dans l’eau glacée et les pieds gelés dans des bottes, avec des températures qu’il faut garder presque aussi froides qu’à l’extérieur à cause des végétaux ; tu tomberais malade ! » Malade, je le suis déjà. Depuis quelques temps, j’ai des brûlures en urinant et la sensation de ne pas complètement vider ma vessie ; même avec les médicaments que notre doctoresse m’a prescrits, rien n’y fait. Cela agace mon père si bien qu’il me fait hospitaliser à l’hôpital Saint-Louis. Je me trouve dans une salle où les lits sont très proches les uns des autres, Il y en a même au centre de la pièce avec un passage réduit pour le personnel.
Après m’avoir introduit une sonde dans la vessie pour me faire un culot urinaire, l’infirmière le fait porter au laboratoire. Je suis choquée de constater que pour une jeune fille il ne soit pas prévu de paravent pour de tels examens. Toutefois, l’attention que j’ai portée à préserver ma pudeur, m’a permis de moins me concentrer sur la douleur que j’ai ressentie avec cette sonde. Cette douleur, comme me l’a dit l’infirmière, vient d’une inflammation générale pelvienne. Je suis mise aux antibiotiques et je dois éviter de me lever trop souvent en me limitant à l’essentiel. Après quelques jours je vais déjà mieux, mais j’ai la crainte que le corps médical s’aperçoive de ma perte de virginité.
Ce matin j’ai fait la connaissance d’un étudiant en médecine très sympathique. En prenant ma tension, il m’a proposé d’apporter des jeux de société pour m’occuper l’esprit, ce que j’ai accepté volontiers.
Je pense que je me souviendrai longtemps de ce jeune homme au caractère aussi naturel avec qui je fais des parties acharnées (jacquet, dames, belotte, etc.).Le matin de ma sortie, il me recommande de bien prendre soin de moi, et l’après midi mon père, cette lourde charge, vient me chercher. Cette ignoble sadique m’apprend qu’à l’hôpital ils ne m’ont pas trouvé très sérieuse, ayant découvert la perte de mon hymen. Au lieu de lui demander : « C’est la faute à qui !? ». De peur qu’il me frappe en arrivant rue Chénier, je me tais.